104. Sardaigne, l’Ouest

Après la Sicile, voilà la Sardaigne, cette grande île très proche de la Corse, si proche que l’on se demande pourquoi l’une est italienne, et l’autre française. Venant de Sicile, nous avons pris le ferry de Palerme à Cagliari, la plus grande ville de Sardaigne, tout au Sud. Douze heures de traversée de nuit, un peu chahutés par une mer hachée et un vent violent. Mais cette fois-ci, pas d’inquiétude pour la moto qui est fermement sanglée sur le pont n°4 sur lequel, belle surprise, nous découvrons 2 autres motos de voyageurs, assez rares à cette saison.
L’arrivée à Cagliari n’est pas très agréable avec ce temps froid et humide. Nous faisons quand même un petit tour dans la vieille ville avant de prendre la route vers le Sud-Ouest pour visiter la cité antique de Nora puis dormir à Sant’Antioco, joli petit port un peu triste sous cette pluie qui reprend de plus belle. Et cela ne s’arrange pas car le lendemain, nous remontons par la montagne jusqu’à Oristano sous une pluie drue et froide qui ne nous lâche pas. Dommage car cette petite route de montagne sinueuse à souhait est sûrement magnifique. Une fois de plus, nous arrivons trempés, et nous décidons de traverser plein Est pour aller chercher du temps sec pour les jours suivants, et pour une fois, cela nous a réussi.
A notre retour à l’Ouest trois jours plus tard, sous le soleil (!), nous voyons les dégâts causés par les pluies violentes de ces trois dernières semaines.
Mais arrêtons de nous plaindre, la Sardaigne ne mérite pas cela car elle est vraiment très belle, ses habitants très accueillants, et nous avons pris du plaisir à parcourir ses routes qui sont, il faut le souligner, dans un état remarquable.

Nora

Nora est une cité punique fondée aux alentours du Xe siècle av. J.-C., c’est probablement la plus ancienne cité de Sardaigne. Au fait, punique, comme son nom ne l’indique pas, correspond au peuple antique de la ville de Carthage située en Tunisie. C’est une visite intéressante dans un site magnifique sur cette petite péninsule battue par les vents (et la pluie …). Et si vous y allez, n’oubliez pas de charger l’application affichée à l’accueil qui transformera gratuitement votre smartphone en audioguide

Oui, c’est bien un arc-en-ciel, et qui dit arc-en-ciel dit …
De belles mosaïques de près de 2000 ans sont encore visibles
Philibert ! Sors de là, tu vois bien que c’est interdit au public !
Le plan du site est très lisible lors de la visite. Ici, l’une des voies de la cité. Au loin, la tour espagnole qui marque la pointe de la péninsule
Vous vous souvenez de Méduse, l’une des trois Gorgones de la mythologie grecque qui transformait en pierre tous ceux qui croisaient son regard ? Et bien voilà un mérou qui aurait mieux fait de regarder ailleurs !

Sant’Antioco

Sant’Antioco est une île reliée à la terre par une digue et un petit pont. La ville est un port de pêche et de plaisance, bien vide en cette saison

Retour de pêche
Voilà ce qu’il en coûte de garer sa moto n’importe où ! Même plus de selle ni réservoir.
Une partie de l’île est une plaine agricole. Mais non, ce ne sont pas des rizières, mais des champs de blé victimes des pluies torrentielles de ces derniers jours

La côte Ouest

Le village de Bosa, très coloré, bâti à flanc de colline,
Cette région est très riche: arbres fruitiers, oliviers, vignes. Et l’automne apporte ses magnifiques couleurs, ici dans une vigne fleurie
La route panoramique (SP49 puis SP105) longe la côte entre Bosa et Alghero, elle est magnifique. Lors de notre passage, elle était fermée à cause des éboulements, mais les locaux nous ont dit qu’on pouvait passer en moto. Vous pouvez voir ici qu’elle a été entièrement recouverte par un glissement de terrain
Au bout de la route, la très belle ville de Alghero

La Sardaigne et la Corse

Contrairement à notre projet initial, nous ne repasserons pas par la Corse que nous connaissons déjà assez bien. Mais parlons quand même un peu de la Corse, si proche et semblable à la Sardaigne sur plusieurs points. Alors trouvez-moi trois points communs entre ces deux îles.
Je vais vous aider:

1- Ce sont toutes les deux des îles méditerranéennes

2- Leurs drapeaux portent des têtes de maures
Cette tête de maure est apparue au XIVe siècle quand les îles étaient dominées par le royaume d’Aragon. Elle serait celle de Saint Maurice, martyr chrétien d’origine nubienne décapité par les romains au IIIe siècle. Mais une autre hypothèse (légende corse ?) parle des soldats corses qui auraient décapité leurs envahisseurs sarrasins et présenté leurs têtes empalées sur des piques.
Ce qui est curieux, c’est que la tête de maure « corse » porte un bandeau sur le front, alors que le maure « sarde » a les yeux bandés


3- La vie de panneau routier y est aussi dangereuse en Sardaigne qu’en Corse

Celui-ci est bien mort, il en a perdu ses couleurs !

Et pour finir …

Et bien comme d’habitude, cette traversée en ferry nous a permis de faire de belles rencontres. Cette fois-ci, ce sont Alessandra et Rosario, motards siciliens travaillant dans le tourisme, qui nous ont retrouvés à Sant’Antioco
Bonjour à tous les deux, et c’est promis, nous retournerons en Sicile !

Cette première partie de notre balade sarde se termine. Au-delà du plaisir de voyager dans cette belle île sur de si belles routes, elle aura été marquée par plusieurs événements:
– nous passons le cap des 50 000 km !
– nous en sommes à 8 mois de voyage !!
– et le matériel commence à fatiguer: panne définitive de notre appareil photo (nous en trouvons heureusement un équivalent à Oristano), panne définitive de mon interphone de casque (introuvable en Italie alors que c’est du Nolan … italien !), et je casse mes lunettes de soleil, réparables à grand renfort de colle.
Serait-ce un signe nous invitant à penser au retour ? Halte là ! Nous voulons d’abord finir cette visite de la Sardaigne, et faire un petit détour dans le Nord de l’Italie, alors le retour attendra encore un peu !

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