89. Péloponnèse

Oui, nous sommes toujours là, mais un peu fainéants depuis une semaine. A l’heure où nous écrivons cet article, nous sommes en fait déjà en Macédoine du Nord. Mais nous avons bien l’intention de vous faire profiter de notre escapade en Grèce où il y a tant de choses à voir. Nous nous sommes donc quittés à Athènes, nous voilà désormais dans le Péloponnèse. Mais avant de piquer vers le Sud, nous avons refait 300 km aller et retour vers le Nord pour récupérer Philibert que nous avions oublié à Levanates, quelle honte !
Le Péloponnèse est une immense presqu’île en forme de main à quatre doigts, rattachée au continent par l’isthme de Corinthe. C’est une région très montagneuse (comme toute la Grèce d’ailleurs) avec une côte très découpée, et quelques grandes plages de galets. Les routes sont souvent très étroites, surtout dans les traversées de villages où il faut rester zen. Un vrai plaisir de motard, donc, renforcé par une météo de fin de saison exceptionnelle.
Alors allons faire ce petit tour du Péloponnèse ensemble

Corinthe

Curiosité à ne pas louper: le canal de Corinthe. Long de six kilomètres seulement (et 25 mètres de large), il relie le fond du golfe de Corinthe à la mer Égée. Mis en service en janvier 1894, il est toujours en service aujourd’hui.
Autre curiosité du canal de Corinthe, le pont submersible de Isthmia, à l’extrémité Est (il y a le même à l’autre extrémité du canal). Il descend au fond pour laisser passer les bateaux, puis est hissé à la surface pour les voitures. Les locaux en profitent alors pour y récupérer les poissons qui se sont laissés piéger !

Le meilleur point de vue se situe sur le pont de la route n°8. On peut aisément se garer à proximité et se promener sur le pont pour faire quelques photos impressionnantes
Le pont submersible de Isthmia. Sympa à voir, moins sympa à traverser en deux roues car la voie est faite de planches forcément mouillées et recouvertes de sédiments: une vraie patinoire !

La montagne

Le Péloponnèse est sillonné de routes de montagne magnifiques où l’on voit beaucoup de troupeaux, généralement accompagnés de bergers et de leurs chiens. Le problème, c’est quand il n’y a que les chiens: ils peuvent être très agressifs, et nous en avons fait l’expérience dans un coin perdu, avec une bonne poussée d’adrénaline quand il a fallu accélérer sur une route minuscule pour fuire leur attaque …

Ici, le berger vient de traire une de ses chèvres au milieu de la route, probablement pour la soulager
Alors ? Ça ne vous fait pas envie ?

Monemvasia

J’ai l’impression de me répéter, mais voilà encore un coin à ne pas manquer: la ville de Monemvasia. Elle est située sur « l’index » du Péloponnèse, côté Est, sur une île rattachée à la côte par une digue.

Monemvasia, c’est ce rocher au milieu de l’eau. A son sommet, la vieille ville (en ruine) et la forteresse.
Au pied du rocher, la « nouvelle » ville, faite de ruelles piétonnières très étroites dans lesquelles on se perd facilement.
On y trouve quelques hôtels et commerces
Aucun véhicule ne peut circuler dans Monemvasia. Les charges les plus lourdes sont acheminées à dos de cheval
Au sommet du rocher, la vieille ville
Nature morte

Porto Kagio

Encore un endroit à ne pas … manquer ! C’est un « bout du monde » situé à l’extrémité du « majeur » du Péloponnèse (le Péloponnèse, la main, vous suivez ?). Pour y aller, nous avons traversé d’immenses étendues d’oliviers sur des terres rouges, et longé la côte du golf Lakonikos sur laquelle on trouve quelques très belles plages.

Plantation récente d’oliviers, largement irriguée
Les arbres croulent sous les olives
Insolite: une épave échouée sur la belle plage Dimitrios près de Gytheio
Largement taguée ! Mais le résultat est sympa
Nous approchons de Porto Kagio. La route est très étroite, avec des côtes à 20% au milieu de petits villages, on croise alors les doigts pour ne pas croiser un autre véhicule ! Toutes les constructions sont cubiques, sans toit
Porto Kagio, c’est ça: un minuscule village au fond d’une rade naturelle. La route s’arrête à l’entrée de la petite plage de galets qu’il faut longer pour atteindre l’un des deux petits hôtels. Un coin magnifique et paisible, surtout en ce mois d’octobre. Anecdote: sur la douzaine de touristes présents, une famille française en camping car tout terrain qui nous a gentiment offert l’apéro !
La rade de Porto Kagio

Olympie

Difficile de quitter le Péloponnèse sans visiter Archaia Olympia (c’est une autre façon de dire que c’est un site à ne pas manquer !).
Olympie était un sanctuaire dédié à Zeus et c’est ici que se sont tenus les jeux olympiques tous les quatre ans de 776 av. J.-C. à 393 ap. J.-C. Ils n’ont repris qu’en 1896 sous l’impulsion du baron Pierre de Coubertin, et c’est de Olympie que part tous les quatre ans la flamme olympique dans une immense course de relais jusqu’à la ville d’accueil.
Dans l’antiquité, d’autres jeux se tenaient périodiquement dans d’autres cités grecques, et notamment les jeux panathénaiques à Athènes (ceux qui suivent se souviennent du magnifique stade de Athènes).
Le site de Olympie est particulier: très ombragé avec de grands oliviers, légèrement vallonné, il y règne une ambiance unique, paisible, qui incite à s’y poser quelques heures. Les édifices ont tous été détruits, principalement par des tremblements de terre, mais ce qui reste permet d’imaginer le faste et la grandeur de ce sanctuaire

Le temple de Zeus dans lequel trônait une immense statue de Zeus en or et ivoire. On voit nettement les colonnes qui sont tombées
Le stade dans lequel se déroulaient les jeux: courses de char, athlétisme, lutte, mais aussi épreuves de musique. Les jeux étaient exclusivement réservés aux hommes.
Le Palestre où s’entraînaient les athlètes, principalement à la lutte
Le musée de Olympie regroupe tout ce qui a été trouvé sur le site, et il y en a beaucoup ! Ici, la frise du temple de Zeus
Hermès du sculpteur Praxitèle. Déjà beau en photo, il est magnifique en réel !
Philibert, ça suffit ! OK, on t’a oublié à Levanates, c’est pas cool. Mais on a fait 300 bornes pour aller te chercher. Tu voulais visiter Olympie, on y est. Tu voulais des bonbons, on en a trouvé. Alors arrête de faire la tête STP !

Notre conseil du jour

Pour visiter Monemvasia, rien de plus simple: réserver un hôtel sur le continent, c’est le coin le plus animé avec de nombreux hôtels, cafés et restaurants, et la possibilité de se baigner. On rejoint facilement le site, à pied ou en navette (2 kilomètres)
Par contre, pour Porto Kagio, c’est si petit qu’il vaut mieux réserver, et nous vous recommandons Akrotiri Rooms.
Et prenez votre temps dans cette magnifique région. Nous y aurions bien passé quelques jours de plus !
Mais nous devons remonter vers le Nord, et oui, il ne nous reste « plus que » cinquante jours de voyage.

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